Projet « Interpeller demain »
La poésie au service de l'inclusion des enfants à Bukavu
Une dizaine d'enfants et jeunes en situation de handicap encadrés par l'asbl INAM, Initiative pour un Avenir Meilleur, à Bagira dans la ville de Bukavu au Sud-Kivu dans l'Est de la République démocratique du Congo, dont l'âge varie entre 7 et 27 ans ont été initiés à la poésie comme outil d'expression et de liberté, dans le cadre du projet international « Interpeller demain ».
Pendant sept jours de création en atelier, les participants ont abordé des notions d'égalité et d'inclusion. « Nous sommes là pour le compte du projet "Interpeller demain", un projet qui réunit les voix des jeunes du monde. Nous avons mené des activités avec l'asbl INAM. J'ai animé des ateliers d'écriture avec eux et nous avons abordé les questions d'inclusion et d'égalité entre les êtres humains, peu importe la situation et les conditions dans lesquelles ils se trouvent », a déclaré Eddy Safari, artisan-slameur et écrivain.
Selon lui, ces ateliers ont permis de donner la parole aux enfants dès le plus jeune âge.« Nous avons eu de très beaux ateliers avec les enfants. Ce qui est beau, c'est quand un enfant de 7 ou 8 ans te dit : je veux faire ça parce que j'ai vécu ceci ou cela. On sent qu'on donne la parole aux enfants et c'est une façon de les préparer à devenir adultes. On peut commencer dès le bas âge pour sauver quelque chose de la société », a-t-il ajouté.
L'objectif de l'initiative est d'initier ces enfants à la poésie comme art d'expression et de liberté. « Les enfants ont pu restituer luis écrits entre eux, dire leurs aspirations, clamer parfois leur révolte, pour dire qu'ils ne sont pas différents des autres, même s'ils sont dans leurs conditions respectives. Handicap ou pas, ils ont tous des rêves, des ambitions, des aspirations. Ils attendent quelque chose de la société », a poursuivi l'artiste.
Le projet « Interpeller demain » est appuyé par le fonds Métis grâce à l'Agence française pour le développement AFD, présent dans plus de 14 pays francophones, visant à donner la voix à la jeunesse du monde, peu importe sa situation.
« L'idéal, c'est de donner la parole aux jeunes et de les unir autour d'une voie d'expression commune qu'est l'écriture. Pendant les vacances, ils comprennent qu'en dehors des activités scolaires, on peut faire d'autres activités qui leur permettent d'enrichir leur culture générale mais aussi de s'exprimer librement », a conclu Safari.
Témoignages
« Musiwaze hatuweze kitu, tunaweza » , en français: « Ne pensez pas que nous sommes nuls et que nous ne pouvons rien, nous sommes aussi en mesure » , a déclaré Prevost Elonga, 9 ans, enfant habitant le quartier Fariala à Bagira.
« Je veux devenir tailleuse, une vraie modéliste en plus pour habiller les gens. Je vais créer des modèles d'habillement que je mettrai à la disposition de mes clients » , a indiqué pour sa part Marie, 13 ans révolus, habitant Bagira.
« Le sang qui coule dans mes veines est le même que le votre. Personne n'est au dessus de l'autre, nous sommes tous égaux avec les même aptitudes et connaissances », a renchéri pour sa part Zaina Maëlys, élève en troisième année primaire au complexe scolaire La Résurrection, toujours à Bagira.
Pour sa part, l'abbé Jean-Marie Vianney Aksanti Koko Balegamire, prêtre diocésain de l'archidiocèse de Bukavu, docteur en droit canonique, écrivain et aumônier de la paroisse Sainte Famille de Bagira, a insisté sur la continuité.
« L'important, c'est la continuité. C'est bien qu'on réveille la conscience des personnes vivant avec handicap, enfants, jeunes, adultes ; mais il faut que ce qu'ils ont appris connaisse un suivi au quotidien. Il faut faire passer le message de la valeur des personnes vivant avec handicap, qui sont des personnes égales aux autres avec les mêmes droits. Il faut qu'elles deviennent autosuffisantes, qu'elles quittent la mentalité de dépendance, qu'elles montrent qu'elles peuvent aussi aider les autres et qu'elles ont les mêmes capacités, y compris pour exercer des fonctions gouvernementales. D'où la nécessité de réveiller cette conscience et de trouver des activités qui leur permettent d'être autosuffisantes, ce qui nous préoccupe actuellement dans notre paroisse de Bagira avec l'association INAM », a-t-il estimé.
De son côté, King Matunguru, chargé des questions pédagogiques de l'asbl INAM, a souligné l'impact dans un contexte difficile. « Nous sommes dans une région sinistrée, avec une insécurité de grande ampleur et où les parents sont aux abois par rapport à la rentrée scolaire. Nous avons été doublement bénéficiaires parce que cette activité a donné un sourire aux enfants en situation de handicap et aux parents vulnérables, mais aussi parce qu'elle a permis aux enfants d'exprimer leur vision du monde par rapport à la question du Congo et à leur vision personnelle », a-t-il dit.
Au cours d'une cérémonie de restitution, tenue mercredi le 02 septembre 2026 dans la salle des chrétiens de la paroisse Sainte Famille de Bagira, les enfants ont restitué chacun les acquis de ces sept jours de formation en présence de leur parents et de représentants d'autres structures qui encadrent les personnes vivants avec handicap dans la province du Sud-Kivu. L'activité a coïncidé aussi à la distribution des fournitures scolaires auprès des enfants en situation de handicap et d'autres vulnérables provenant des familles pauvres de Bukavu. Les objets classiques distribués ont été mobilisés par l'asbl INAM auprès de ses donateurs.
Appui à la scolarisation
La rentrée scolaire: un appel à votre générosité!
Très chers amis, officiellement la rentrée scolaire est prévue le lundi 07 septembre. A cette occasion, nous organisons un collecte de fournitures scolaires (35.000 cahiers, 1.050 boites de stylos et crayons, 700 ardoises,…) pour distribuer à 350 enfants vivant avec handicap à Bukavu, provenant de familles pauvres et affectées par la guerre. Le bonheur le plus profond n'est pas dans la possession de biens matériels, mais c'est dans la justice... c'est-à-dire le bonheur de partager. Ne dit-on pas qu'il y a plus de joie à donner qu'à recevoir ? Nous comptons sur votre générosité et sollicitons votre contribution. Soyez nombreux pour soutenir ces enfants.
Contactez notre coordinateur Blaise
Bulonza Bwamungu
inam.asbl@gmail.com
Tél : +243
994 407 039
Grand merci d'avance!
Toutes nos félicitations, Bernard!
L'année passée nous recevions ce message urgent de la part d'un jeune nommé Akonkwa Kenyata Bernard: j'habite à Cimpunda dans la ville de Bukavu. Je suis handicapé mais j'étudie à l'Institut de Kadutu en degré terminal. Je suis déjà au terme de mes études secondaires mais à la maison il y a une difficulté financière. Pouvez-vous m'aider à terminer mes études?
INAM n'a pas hésité à mobiliser les moyens financiers nécessaires pour ce jeune homme courageux, après avoir plaidé d'abord pour son acceptation à l'institut.
Aujourd'hui il nous envoie ce message, éclatant de joie et de fierté: "Bonsoir mon Vieux, je voulais vous informer que Gloire à Dieu, j'ai obtenu mon diplôme d'Etat en techniques sociales cette année avec 62%! Mon frère Blaise, INAM et vous m'avez beaucoup assisté (frais scolaires et connexe). Avec ma situation physique, ce n'était pas facile. Merci à vous et aux donateurs de notre chère structure INAM. Que Dieu vous bénisse."
Vous aussi vous pouvez donner un avenir à une jeune fille ou un jeune homme qui manque les moyens pour déployer pleinement ses capacités malgré les contraintes auxquelles elle/il fait face. Yes, together we can!
P.S.: Être enduit de blanc signifie recevoir la bénédiction et la validation des ancêtres pour franchir une nouvelle étape de la vie. Toutes nos félicitations à Bernard.
