Pourquoi les personnes vivant avec handicap sont-elles toujours ignorées dans les forums internationaux sur la RDC ?
Ce mercredi 25 mars 2026 au Conseil des droits de l'homme des Nations unies à Genève, lors de la 45ième réunion, 61ième session ordinaire, la République démocratique du Congo s'est une nouvelle fois retrouvée au centre des préoccupations internationales.
Violences dans l'Est, crise humanitaire, tensions régionales,... les discours ont dressé un tableau sombre et alarmant. Mais derrière cette avalanche de condamnations et d'alertes, un silence devrait interpeller. C'est celui autour des personnes vivant avec handicap. Durant les échanges, experts onusiens et États ont insisté sur les massacres de civils, les violences sexuelles, les violations des droits de l'homme, les déplacements massifs, l'instabilité persistante en Ituri, dans le Nord-Kivu et Sud-Kivu sans faire allusion à la situation de la personne vivant avec handicap dans un contexte toujours aussi critique, qui l'affecte doublement comparé à d'autres catégories.
Bien que le ministre des Droits humains, Samuel Mbemba Kabuya, ait défendu les efforts du gouvernement et son engagement envers les instruments juridiques nationaux, internationaux et autres réformes pour renforcer l'État de droit, le grand angle mort est resté la question des personnes vivant avec handicap. Pourtant celles-ci font partie des groupes les plus vulnérables et sont reconnues comme telles dans les mécanismes et autres instruments évoqués mais non effectivement appliqués.
C'est inquiétant dans la mesure où aucun discours majeur ne les a nommées explicitement, un tel silence n'étant clairement pas un hasard. Le terme "civils" domine et fait disparaître les catégories spécifiques. C'est pour cela que les personnes en situation de handicap deviennent des victimes sans voix dans les forums internationaux. Il s'agit d'une omission politique et humanitaire grave. C'est une négation manifeste de la Convention des Nations unies et son protocole facultatif relatif aux droits des personnes handicapées. Ne pas les nommer, c'est ne pas les prioriser. Or, sur le terrain, fuir une zone de conflit est plus difficile avec un handicap; accéder à l'aide humanitaire est plus complexe et même les risques d'abandon ou de violence sont accrus. Leur absence dans les discours officiels est clairement une négligence, voire même une cécité politique.
Au-delà des statistiques, chiffres globaux et condamnations dans une crise où tout semble urgent, le silence sur les plus vulnérables devient lui-même une forme d'abandon. Ce serait une avancée responsable de les rendre visibles dans les statistiques comme c'est le cas pour d'autres catégories en l'occurrence, les journalistes, les opposants, les femmes, les enfants...

